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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 21:48

Le dernier dérapage politique définissant la France comme un pays de race blanche et de religion chrétienne relance le débat sur l’identité nationale et la notion de race.

 

La maladie d’Alzheimer dit assez bien, de par les ravages qu’elle provoque sur les personnes qui en sont atteintes, ce qu’est l’individu, la personnalité ; par quoi elle se définit. Car c’est bien notre mémoire qui nous dit qui nous sommes. C’est elle qui nous fait en tant que personne. Notre identité, notre personnalité, notre individualité du moment est la conjonction sans cesse recommencée d’une situation, d’un corps, d’un environnement et de la mémoire d’expériences passées. Nous sommes à chaque instant le produit de synthèse de tous ces éléments réunis en vue d’inaugurer sinon d’inventer l’instant qui suit.

 

Sur un plan largement supérieur, une nation n’est guère différente. Elle se définit au présent par une « personnalité » qui lui est propre et qui est le reflet d’une mémoire collective - ici une histoire – qui lui a progressivement laissé en héritage un corps physique (un territoire définit par des frontières naturelles et politiques), une langue, fruit de différentes rencontres et évolutions internes (brassages ethniques, invasions, guerres de conquêtes, échanges intellectuels ou commerciaux…), des us et coutumes, des croyances, des traditions, des rêves, des idéaux… et biens d’autres traits qui font qu’aujourd’hui les Français sont encore différents des Allemands, ces derniers des Anglais qui le sont tout autant des Espagnols, etc.

 

Pourtant, pas plus une nation qu’une personne ne sont définitivement figés dans leurs acquis. Leurs corps respectifs, leur mémoire, leurs habitudes sont en perpétuelle mutation. La personne que je suis aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle que j’étais adolescent. Pas davantage la France de 2015 ne peut encore se reconnaître dans ce qu’elle était il y a seulement deux siècles. Nos frontières, nos lois, notre langue elle-même étaient encore très différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui. À plus forte raison de ce qu’elles seront demain. Une nation, au même titre que n’importe quel individu est un être vivant. Un organisme qui doit son intégrité physique et morale aux échanges perpétuels qu’il entretient avec son environnement.

 

Nous ne vivons pas en vase clos. Et nous devons nos existences, individuelles ou collectives, aux rencontres, échanges, brassages et autres mutations permanentes qui ont jalonnées de tous temps nos histoires, petites ou grandes. Tout candidat politique qui oublierait ces évidences fondamentales ne serait même pas digne d’exercer le moindre mandat. Il serait à l’image d’un biologiste qui agirait au mépris des lois de l’évolution. Il n’y a pas une France, immuable et immortelle. Il y a des France, aux travers d’époques différentes et qui n’ont pour se relier entre elles non pas tant une langue, non pas tant des coutumes, des croyances, des frontières précises ou une administration qui leur serait propre… mais tout simplement une Histoire commune à un groupement d’individus ayant partagé durant un temps des valeurs et des idées leur ayant permis de vivre ensemble et de tisser des liens.

 

Dans Qu’est-ce qu’une nation ? conférence prononcée en Sorbonne le 11 mars 1882, Ernest Renan déclare : « La vérité est qu’il n’y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique, c’est la faire porter sur une chimère. Les plus nobles pays, l’Angleterre, la France, l’Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé. L’Allemagne fait-elle à cet égard une exception ? Est-elle un pays germanique pur ? Quelle illusion ! Tout le Sud a été gaulois. Tout l’Est, à partir de l’Elbe, est slave. Et les parties que l’on prétend réellement pures le sont-elles en effet ? Nous touchons ici à un des problèmes sur lesquels il importe le plus de se faire des idées claires et de prévenir les malentendus[1]. »

 

Car qu’est-ce qu’une nation sinon un ensemble d’individus étant parvenus à se trouver davantage de raisons de vivre ensemble que de raisons de se détester. La France d’aujourd’hui prépare celle de demain. Laquelle n’aura sans doute plus grand-chose à voir avec celle que nous connaissons. Son nom même sera-t-il encore d’actualité ? Qui aurait pu penser, il y a seulement trente ou quarante ans que le Franc, monnaie nationale, puisse un jour disparaître ? Notre langue elle-même se métamorphose à une vitesse exponentielle. La rapidité des nouveaux moyens de communication, des échanges commerciaux désormais tournés à l’international, pousse notre langue hors de ses assises.

 

La dynamique qui définit une nation s’inscrit dans un mouvement plus large que nous appelons la vie et dont nous ignorons encore largement les tenants et les aboutissants ; les causes et les buts s’il en est. La seule constante est une complexité croissante et un mouvement d’organisation et de structuration assimilable à une forme d’évolution mais dont la finalité nous reste encore incomprise. Être Français, être Anglais, Allemand ou de n’importe quelle autre nationalité sont autant de moments provisoires d’un mouvement beaucoup plus vaste que ce que nos seules visions nous laissent croire.

 

La France comme toutes les autres nations n’a pas vocation à rester ce qu’elle est momentanément. La complexité croissante de nos échanges commerciaux, culturels, politiques, religieux même, poussent les nations au changement, à l’adaptation toute darwinienne de leurs structures au nouvel environnement qu’elles contribuent à façonner. L’intensité de nos échanges en matière d’information et de communication prend l’ascendant sur toutes les formes de conservatismes, de traditionalismes, de conformismes et donc d’immobilismes. Autant de fixismes abhorrés par la vie et qui menacent jusqu’à notre survie.

 

Ce qui fait une nation, c’est la force du lien qui unit chacun des individus qui la constituent. Or, ces liens ne se créés que sur la base du partage, des échanges, des expériences communes et de l’enrichissement mutuel. Lesquels développent un fort sentiment d’appartenance à un même groupe, dû-t-il être étendu à plusieurs millions d’individus. Tout dépendra de l’intensité et de l’étendue de ces valeurs communes dans lesquelles chacun puisse un temps se reconnaître et reconnaître autrui comme son semblable. Rien à voir ici avec les considérations archaïques de race, de couleur de peau, de patrie, de religion ou encore, pourquoi pas tant qu’on y est, d’origine sociale.

 

Tant que certains voudront diviser, catégoriser, il y aura toujours de nouveaux critères susceptibles d’être mis en avant. Pareillement, les raisons de s’unir et de vivre ensemble peuvent se trouver à l’infini au sein du quotidien, dans les expériences vécues. Tout n’est qu’histoire de choix, de volonté, d’ouverture ou de fermeture, de progrès ou de régression ; de vie ou de mort. À chaque époque, les raisons de s’unir ou de se diviser ont été différentes. Elles le seront encore dans l’avenir, proche comme lointain. Au temps les plus reculés de notre espèce, quand les premiers groupes humains étaient encore clairsemés à la surface de la terre, la physionomie, les techniques de chasse ou le régime alimentaire, les rudiments de langue et les premiers cultes étaient les quelques signes de reconnaissance et d’appartenance au groupe. Pour autant, cela n’a pas empêché quelques rares échanges de s’initier entre des sociétés humaines aussi différentes que pouvaient l’être les Néandertaliens et les Cro-Magnon.

 

Les frontières à la fois matérielles, culturelles, religieuses, politiques ou linguistiques, à plus forte raison économiques d’un groupe humain primitif ou d’une nation moderne sont naturellement poreuses. Par nécessité vitale, des échanges s’opèrent qui initient des mutations à tous les niveaux d’une société quelle qu’elle soit. Un pays ou un groupe d’individus ne peuvent survivre indéfiniment sur la base d’une totale autarcie. Et ceci tient originellement à deux facteurs qui sont la croissance démographique et la rotondité de la terre.

 

Au même titre que n’importe quel être vivant - cellule, organisme ou société, des échanges doivent s’opérer avec le milieu environnant, ne serait-ce que pour assurer la subsistance et donc l’intégrité du dit organisme. C’est tout le paradoxe : refuser l’autarcie pour conserver son intégrité. Perdre un peu de son identité pour conserver son individualité. Se mettre en mouvement pour éviter la chute. Chaque unité vitale doit céder un peu de terrain pour se conserver elle-même. Toute matière vivante ne peut échapper à ce qui justement la définit comme matière vivante. De même, chaque complexité nouvellement élaborée ne trouve sa justification que dans une complexité supérieure au sein de laquelle elle sera pleinement elle-même.

 

Depuis plus d’un siècle, avec la révolution industrielle, l’accroissement des besoins individuels et collectifs lié à l’explosion démographique a poussé les nations à intensifier leurs échanges commerciaux. Lesquels ont amplifié un brassage culturel, idéologique, linguistique et génétique qui a changé de manière significative notre perception de la nation. Des contours auparavant nets et précis sont devenus plus flous, incertains, diffus. Au-delà des premiers particularismes, de nouvelles raisons de vivre ensemble se sont peu à peu dessinées.

 

Il semble de plus en plus incontestable que l’évolution du vivant, et même plus largement de la matière, va dans le sens d’une complexité croissante chaque fois renouvelée sur un plan supérieur. Les premiers atomes se sont progressivement assemblés et « organisés » en molécules tout d’abord assez simples, puis plus complexes. Celles-ci ont ensuite synthétisé à un niveau supérieur les premières chaînes d’acides aminés ouvrant à leur tour la voie aux premiers organismes vivants. Un changement de dimension s’est d’ores et déjà opéré qui va profondément modifier le milieu ambiant et accélérer de nouvelles mutations.

 

Aujourd’hui, l’espèce humaine obéit aux mêmes lois. Sous le masque de nos désirs individuels, de nos affections, de nos répulsions, de nos plaisirs les plus triviaux ou les plus raffinés, la vie continue son patient travail d’organisation et d’information. Les nations sont appelées, de gré ou de force, à se transformer. Elles le font d’ailleurs de manière continue, mais nos brèves existences sont inaptes à contempler le phénomène dans sa pleine dimension. Le plus souvent ennemies par le passé, la plupart des grandes nations de tous les continents sont aujourd’hui liées par des traités politiques, commerciaux et, bien au-delà, par des affinités d’ordre culturelles et enfin affectives. Les langues, les idées, les frontières, les corps et ce qu’on appelait auparavant les races se mélangent désormais, dessinant les premiers contours d’une nouvelle humanité enfin consciente d’elle-même et de son unité.

 

Quelle sera la prochaine étape de cette évolution ? Ne sera-ce pas tout simplement et naturellement, au-delà de notre propre humanité, la reconnaissance de la vie, au-delà de toutes les formes et variations qu’elle peut emprunter, comme Principe universel et commun à toutes les formes de complexité ? Nous ne sommes sans doute plus très loin d’opérer, sous la force des contraintes qui nous pressent de toutes parts, un nouveau changement de paradigme et de dimension. Le passage à un plan supérieur d’existence s’impose chaque jour davantage, encouragé par nos comportements individuels et collectifs, multipliés par une démographie de type inflationniste. Chaque jour l’intelligence artificielle se développe de manière exponentielle. Chaque jour nous découvrons de nouveaux mondes au sein de notre galaxie et les sciences de la matière ouvrent les plus incroyables perspectives. La Terre elle-même nous presse de toutes parts de trouver de nouvelles solutions énergétiques. Un nouveau monde se prépare à tous les niveaux comme l’insecte prépare sa  future métamorphose.

 

Si la France est historiquement un pays de population blanche, de type caucasien et à religion majoritairement chrétienne, ce n’est que par concours de circonstances et hasards de rencontres entre peuples du nord et du sud de l’Europe. Néanmoins, ces caractéristiques qui furent un temps celles de notre pays et de la plupart des autres nations européennes n’en sont pas pour autant des critères d’appartenance ; encore moins de discrimination. Ils ne sont que les quelques aspects d’un héritage historique et culturel. Or, comme tout héritage, qu’il soit également matériel ou génétique ; celui-ci doit servir à construire l’avenir et non pas à être conserver indéfiniment intact. C’est un héritage vivant et il doit pour cela intégrer de nouvelles formes de vie et de nouvelles variations sur le thème de la France ou de ce qui est appelé à lui succéder.

 

Ce n’est pas la France qui définit de manière irrévocable un certain type d’individu, de culture… ce sont au contraire certains types d’individus, de comportements, d’us et coutumes, de croyances qui font les différents visages de notre nation tout au long de l’histoire. Et quand bien même cette phrase qui fait aujourd’hui polémique « La France est un pays de race blanche et de religion chrétienne » aurait été prononcée par le Général De Gaule lui-même le 5 mars 1959 à en croire l’unique témoignage d’Alain Peyrefitte ; et si tant est qu’elle ai jamais été un jour pertinente ; elle ne l’est certainement plus aujourd’hui. Le monde change et il est un horizon au-delà duquel même les plus grands visionnaires finissent eux aussi par ne plus rien voir du tout.

 

En définitive, qu’est-ce qu’une race ? Nous le savons déjà depuis plusieurs décennies, la notion de race concernant l’espèce humaine n’a aucun fondement scientifique et génétique. Ce que le terme désignait il y a encore quelques années n’était que des variétés ou des variations au sein d’une même espèce ; d’un même genre : ici le genre homo. Aussi, s’il fallait opérer une forme de classification typologique au sein de l’espèce humaine, celle-ci ne serait légitime et véritablement constructive que d’un point de vue historique, géographique ou culturel et jamais d’un point de vue exclusivement sinon même inclusivement biologique ou « racial ».

 

Là réside le péché originel de l’anthropologie, pour reprendre l’expression de Claude Lévi-Strauss dans Race et histoire. Comme le souligne d’ailleurs l’anthropologue, « Il y a beaucoup plus de cultures humaines que de races humaines, puisque les unes se comptent par milliers et les autres par unités : deux cultures élaborées par des hommes appartenant à la même race peuvent différer autant, ou davantage, que deux cultures relevant de groupes racialement éloignés[2]. » Autant de motifs supplémentaires donc, offerts aux partisans de la ségrégation, de la discrimination, de la division et de la haine de l’autre.

 

Sébastien Junca

 


[1]       Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? Éditions Mille et une nuits, 1997, p. 21.

[2]       Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Unesco, Denoël, [1952] 1987, p. 11.

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Biographie succincte

Né en 1968, Sébastien Junca est un autodidacte épris de philosophie. Dans son premier ouvrage, L’Envers du monde (2009), publié aux Éditions édilivre, il expose les prémices de sa métaphysique. Il y décrit sa vision des principaux attributs du réel que sont la Matière, le Temps et la Conscience. Premier travail encore très influencé par ses maîtres que sont entre autres Schopenhauer, Bergson et Teilhard de Chardin. Dans la continuité, il publie Les Naufragés de Dieu (2010),  où il traite sur le mode métaphysique et toujours dans l’esprit teilhardien, des grands thèmes de la religion catholique que sont la Création, l’Incarnation et la Révélation. Suit un recueil de poèmes : De feu et de sang (2010). Ces Trente poèmes d’outre-monde sont les fruits d’une écriture automatique d’inspiration surréaliste. Il se lance ensuite dans un nouveau travail : Blessure d’étoile, La face cachée de l’évolution (2011) - où il aborde les grands thèmes de l’Évolution, de l’Humanité et du Progrès avec pour toile de fond le catastrophisme et l’impactisme.

 

Parallèlement à l’écriture, Sébastien Junca poursuit son parcours ouvrier ou il puise aussi la matière de ses textes. Son Petit manuel de survie, de résistance et d’insoumission à l’usage de l’ouvrier moderne (2011) en est un premier exemple. Dans la même veine il publie aux Editions Demopolis, Au coeur de la crise (2014), préfacé par Gérard Mordillat : carnets ouvriers relatant sa onzième et dernière année de travail au sein  d'une grande entreprise nautique.

 

Enfin, viennent d'être mis en ligne ses premiers Carnets hygiéniques sous le titre Le Vouloir du Véridique (2015); recueil de chroniques écrites entre 2010 et 2014 à travers lesquelles l'auteur remet ici en question nos plus profondes certitudes sur l'identité, la nationalité, la société, la civilisation et la vie elle-même. Vient également d'être mis en ligne un nouveau recueil de poèmes en prose intitulé La Sensation du gouffre (2015). Y sont rassemblés des textes écrits entre 1993 et 2010. L'auteur y dévoile, dans un premier temps, une vision plus intime du réel suivie, dans un deuxième temps,  de certaines de ses intuitions d'ordre plus général et philosophique.

 

Ces deux derniers ouvrages n'ont pas encore trouvé d'éditeur. Ceci est un appel lancé aux plus audacieux d'entre eux.

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AU COEUR DE LA CRISE.

 

 

AU COEUR DE LA CRISE - Carnets ouvriers, aux

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En 2007, le numéro un mondial des constructeurs de voiliers passe le milliard d’euros de chiffre d’affaire. Avec 19 filiales et près de 30 sites de production à travers le monde, l’entreprise, créée en 1884 est devenue une référence du yachting international. La quasi-absence de réelle concurrence, un « trésor de guerre » substantiel et un savoir-faire unique en ont fait un véritable empire industriel et familial.

Au cœur d’une crise qui n’épargne personne, la marque fait figure d’exception. Mais pour combien de temps encore ? La petite entreprise familiale est devenue, au fil de ses succès commerciaux, un monstre protéiforme d’envergure internationale. Avec la crise elle est désormais à la croisée des chemins : rester fidèle aux anciennes méthodes de management et de communication ou au contraire, s’adapter et accepter les changements imposés par l’ « évolution des espèces industrielles » ? Voilà sans doute l’un des plus grands défis auquel le groupe se trouve aujourd’hui confronté.

 

 

 

 

 

 

Dernière parution

LE TOTEM ET L'ATOME. Introduction à la mécanique des dieux.

 

Comme l’a démontré Émile Durkheim, la religion est un fait exclusivement social. Elle est donc en prise directe avec les forces et les mécanismes qui, depuis 13,7 milliards d’années, ont contribué à façonner les différentes complexités atomiques, moléculaires, biologiques puis humaines. Elle est donc aussi sujette aux mêmes métamorphoses ; aux mêmes évolutions.

La magie, le totémisme et les premiers grands monothéismes, ont tour à tour été les ferments de sociétés en gestation. Ils leur prodiguèrent le sens du sacré, les interdits et les premières structures socio-économiques dont ces sociétés avaient impérativement besoin pour se construire et perdurer.

Les connaissances et l’accroissement démographique de notre seule espèce s’étendront bientôt au-delà des dimensions matérielles de notre planète. Nos religions n’ont pas suivi. Dieu est devenu étriqué. Trop étroit désormais pour contenir 9 milliards d’individus avides de sens et de reconnaissance. Le modèle est dépassé, suranné, obsolète. D’où la nécessité de réinstaurer une dialectique avec la nature et le cosmos. De celle que les sociétés traditionnelles ont su conserver à travers les siècles. Leur sagesse et leurs croyances, plus que jamais menacées par le modèle occidental, sont les clés de nos évolutions futures.

L’humanité, face aux défis qui sont les siens, est en attente d’un nouveau mythe global. Lequel répondrait à la récente prise de conscience de notre interaction avec la totalité de l’univers. Une humanité enfin prête à quitter les âges primitifs de la survie, de la compétition et de la confrontation au monde, pour entrer pleinement dans la Vie. Une Vie non plus seulement terrienne et organique, mais une Vie aux formes infinies, de nature symbiotique et de dimension cosmique.

 

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